Le prix élevé du bœuf de Kobe s'explique d'abord par la durée exceptionnelle de son élevage. Contrairement aux bovins standards, les bêtes de la lignée Tajima sont engraissées pendant une période allant de 28 à 60 mois. Cette croissance lente permet le développement d'un persillage intramusculaire unique, où les graisses insaturées se répartissent finement dans les fibres. L'alimentation repose sur un mélange spécifique de céréales, de paille de riz et d'eau pure, nécessitant un investissement financier colossal pour les éleveurs de la préfecture de Hyogo.
Seule une infime fraction de la production mondiale de Wagyu peut prétendre à l'appellation officielle. Pour obtenir le label, l'animal doit impérativement naître, être élevé et abattu dans la région de Hyogo. Les critères de sélection sont drastiques pour garantir l'excellence du produit final sur le marché mondial.
La disponibilité du produit sur le marché international influence directement son coût de revient. Le gouvernement japonais impose des quotas d'exportation stricts pour préserver l'exclusivité et la qualité de la production nationale. Chaque pièce de viande dispose d'un numéro d'identification unique à dix chiffres permettant une traçabilité totale, depuis la généalogie de l'animal jusqu'au point de vente. Les frais de transport sous température dirigée et les taxes d'importation s'ajoutent à la valeur initiale, faisant de cette viande un produit de luxe.
L'engouement des chefs étoilés pour la viande de prestige crée une tension constante entre l'offre et la demande. Puisque le nombre de têtes de bétail certifiées chaque année reste stable, environ 3 000 à 5 000 bêtes, la rareté structurelle maintient les tarifs à des niveaux records. La maîtrise de la filière bovine japonaise assure ainsi la pérennité d'un savoir-faire ancestral tout en justifiant le positionnement tarifaire haut de gamme de ce trésor culinaire mondialement reconnu.