L'Australie occupe désormais une place prépondérante sur le marché international de la viande d'exception. Cette ascension fulgurante repose sur une stratégie d'importation rigoureuse initiée dans les années 1990. En introduisant des spécimens de génétique japonaise pure sur son territoire, le pays a su bâtir un cheptel robuste et diversifié. Aujourd'hui, le cheptel de Wagyu Australien est le plus important au monde en dehors de l'archipel nippon, bénéficiant de vastes espaces de pâturage et d'un climat favorable à l'élevage extensif.
La réussite de ce modèle repose sur la préservation et l'amélioration des lignées fondatrices. Les éleveurs se concentrent principalement sur trois souches majeures : la lignée Tajima, réputée pour son aptitude exceptionnelle au marbrage, ainsi que les lignées Itozakura et Kedaka, qui favorisent la croissance et la structure musculaire. Cette diversité génétique permet de produire des animaux équilibrés, offrant une viande à la fois tendre et riche en graisses intramusculaires insaturées.
Pour répondre à la demande mondiale croissante, les producteurs australiens ont perfectionné l'art du croisement de lignées. Le système de classification distingue plusieurs catégories de bêtes selon leur pureté génétique. Cette hiérarchisation assure une transparence totale pour les acheteurs internationaux et garantit une régularité de production indispensable au secteur de la haute gastronomie.
La qualité finale du produit dépend d'un programme d'alimentation spécifique appelé grain feeding. Les animaux suivent un régime riche en céréales pendant une période allant de 300 à 500 jours, ce qui favorise le développement du persillé. L'évaluation de la viande s'appuie sur le système BMS (Beef Marbling Score), une échelle allant de 1 à 9 en Australie, permettant de quantifier la densité des graisses. Cette rigueur technique place le producteur mondial australien comme une référence absolue, offrant une alternative de prestige au bœuf de Kobe tout en proposant des volumes adaptés au marché global.